Organes - Greffe rénale

Depuis 1959, année de la première greffe rénale enregistrée dans Cristal, un total de 94 160 greffes rénales a été enregistré, ce qui représente l'expérience cumulée globale française en matière de greffe rénale. Le nombre estimé de malades porteurs d’un greffon rénal fonctionnel est de 42 068 au 31 décembre 2020 soit une prévalence de 620 par million d’habitants (pmh).

L’année 2020 est marquée par la crise sanitaire liée à l’épidémie SARS-CoV2 et une suspension transitoire de l’activité de transplantation rénale adulte du 17 mars au 10 mai 2020.

L’année 2020 présente une progression annuelle des candidats en attente (+6%) malgré une baisse des nouveaux inscrits (-16%) et une augmentation des décès sur liste (+16%). Le nombre de greffes est en fort recul (-29%), et concerne à la fois les greffes de donneurs décédés en état de mort encéphalique (-30%), les greffes de donneurs décédés après arrêt circulatoire de la catégorie III de Maastricht (-22%) et les greffes de donneurs vivants (-24%).

En 2020, la crise sanitaire liée à l’épidémie SARS-CoV2 a eu un impact à la fois sur l’activité de transplantation rénale (-29%) mais aussi sur l’activité d’inscription (-16%). Les décès parmi les candidats en attente ont également été en progression (+16%) par rapport à 2019. 

Le nombre de candidats en liste d’attente active est en augmentation moindre en 2020 (+4% contre +7% en 2019). Le nombre de candidats en liste d’attente active pour un greffon s’est élevé à 3,3 en 2020 (contre 2,2 en 2018 et 2019) en lien avec une majoration de la pénurie de greffons.

Depuis 2010, les inscriptions des nouveaux malades sont majoritairement en liste inactive, progressant jusqu’à atteindre près de 3/4 des inscriptions, avec une durée d’inactivité à l’inscription qui dépasse 6 mois dans 1/3 des cas. Le motif principal des inscriptions inactives est la finalisation du bilan pré-greffe (78%) en lien avec des candidats plus âgés et comorbides. Conformément aux recommandations d’accès à la liste nationale d’attente de greffe rénale, les inscriptions préemptives progressent (42% des premières inscriptions en 2020). 

L’activité de greffe rénale en 2020 connaît un recul sans précédent (-29%) par rapport à 2019 ; le recul a concerné les différents types de donneurs ; greffes issues de donneurs vivants (-24%), greffes de donneurs en état de mort encéphalique (-30%) et donneurs après arrêt circulatoire de la catégorie III de Maastricht (-22%). 

La proportion des donneurs en état de mort encéphalique à critères élargis a légèrement reculé en 2020 (51% contre 52% en 2019), majoritairement mis sous machine de perfusion (84%) avec des résultats significativement favorables sur le taux de reprise retardée de fonction. Malgré la crise sanitaire et des difficultés de transport, l’ischémie froide poursuit une baisse avec une durée moyenne de 15,1 heures en 2020.

Le programme de greffes à partir de donneurs de la catégorie III de Maastricht, débuté en 2015, montre d’excellents résultats avec une reprise immédiate de fonction dans plus de 85% des greffes et une bonne fonction rénale à 1 an. Cette activité s’étend progressivement sur l’ensemble du territoire mais environ un quart des Centres Hospitaliers Universitaires ne sont pas encore autorisés à ce programme.

Les greffes à partir de donneurs vivants représentent un potentiel important de greffes, leur nombre a doublé entre 2010 et 2017, mais pour la troisième année consécutive l’activité a reculé (soit -36% par rapport à 2017). Une enquête est en cours auprès de l’ensemble des équipes françaises, des Sociétés savantes de néphrologie, dialyse, transplantation et urologie, des Associations de patients mais aussi des équipes européennes pour comprendre ces données et identifier l’ensemble des actions à conduire pour soutenir l’activité de greffe issue de donneurs vivants en France. Le suivi des donneurs vivants mérite également un plan d’action pour améliorer d’une part le recueil dans le registre national et la qualité de suivi et d’accompagnement à long terme.

Devenir des candidats en liste d’attente

Liste d’attente

En 2020, le taux de croissance annuelle des candidats en liste d’attente est de 6% au global, +4% pour les candidats en liste active et +9% pour les candidats en liste inactive (c’est-à-dire qui présentent une contre-indication temporaire de greffe). Depuis 2015, le taux de croissance des candidats en attente est de 45% au global, +27% pour les candidats en liste active et +71% pour ceux en liste inactive. Parmi les candidats en attente, la proportion des malades en liste inactive a progressé de 30 à 48% en 10 ans. 

Parmi les indicateurs de pénurie de greffe rénale, le nombre de nouveaux inscrits pour un greffon a augmenté à 1,8 en 2020 (contre 1,5 en 2016, 2018, 2019) et le nombre de candidats en liste d’attente active pour un greffon s’est élevé à 3,3 en 2020 (contre 2,2 en 2018 et 2019) (

Tableau R2

).

En 2020, les malades sur liste d’attente active ont un âge moyen de 56,9 ans, sont majoritairement des hommes (61,7%), sont de groupe sanguin A (29,9%), B (15,3%), O (51,8%) (

Tableau R3

). Pour 41% des cas, ils ne sont pas dialysés, et pour 77,4%, sont inscrits pour une première greffe rénale (

Tableau R4

). La proportion des malades non immunisés (0% de taux de greffons incompatibles, TGI) est de 40%, celle des hyperimmunisés (85-100% TGI) est de 23,7%

En 2020, les nouveaux malades inscrits ont un âge moyen de 54,6 ans, sont majoritairement des hommes (63,7%), sont de groupe sanguin A (39,4%), B (12,1%), O (44,1%) (

Tableau R3

) (la fréquence habituelle chez les Caucasiens est respectivement 45% (A), 9% (B), 43% (O)). Pour 41,8% des cas, ils ne sont pas dialysés, et pour 85,7%, sont inscrits pour une première greffe rénale (

Tableau R4

). La proportion des malades non immunisés (0% TGI) est de 61,1%, celle des hyperimmunisés (85-100% TGI) est de 9,2%.

En 2020, les malades greffés ont un âge moyen de 52,4 ans, sont majoritairement des hommes (62,5%), sont de groupe sanguin A (43,8%), B (11,4%), O (40,7%) (

Tableau R3

). Pour 14,6% des cas, ils ne sont pas dialysés, et pour 86,7%, sont inscrits pour une première greffe rénale (

Tableau R4

). La proportion des malades non immunisés (0% TGI) est de 52,3%, celle des hyperimmunisés (85-100% TGI) est de 11,1%.

En 2020, les caractéristiques des nouveaux malades inscrits sont : 

  • Une répartition des néphropathies relativement stable ces 6 dernières années ( Tableau R5 ), les indications principales de greffe étant « Glomérulonéphrite chronique » pour 20%, « Inconnue ou indéterminée » pour 16,5% puis la « Polykystose rénale » (12%), la « Néphro-angiosclérose » (12%) et le « Diabète de Type 2 » (11%).
  • Une répartition des comorbidités ( Tableau R6 ) corrélée à la classe d’âge avec la présence d’au moins 1 comorbidité chez plus de 62% des nouveaux inscrits de 66 ans et plus, principalement des comorbidités cardiovasculaires, la présence d’un diabète chez 42,4% et 34,8% des inscrits âgés respectivement de 66 à 75 ans et de plus de 75 ans et une intoxication tabagique présente chez près d’un receveur sur deux après 45 ans.
  • La part des nouveaux inscrits hyperimmunisés (TGI ≥ 85%) poursuit une baisse pour atteindre 9,2% en 2020, soit une baisse de 30% par rapport à 2015, en lien avec la standardisation à l’échelon national des critères de sélection des spécificités anti-HLA interdites et entrant dans le calcul du taux de greffons incompatibles (TGI). La part des candidats au 1er janvier 2020 avec un TGI ≥ 85% est également en baisse à 23,7%.
  • Une hausse significative des inscriptions préemptives ( Tableau R7 ) dont le taux est passé de 25% en 2008 à 37% en 2015 et 42% des nouveaux inscrits en 2020. Ce taux est plus élevé pour les primo-inscrits comparé à celui des réinscriptions sur liste (43% versus 34,2% en 2020).

Cinétique de la liste d’attente

Dans cette partie, sont exclus les malades candidats ou greffés à partir d’un donneur vivant, les candidats inscrits pour une retransplantation rénale ou une greffe combinée. Les taux d’incidence cumulée avec prise en compte des risques concurrents sont établis après une première inscription active et exclusion de toute période en liste inactive.

Parmi les nouveaux malades inscrits sur liste d’attente en 2017 (

Tableau R8

), 72,8% sont en liste inactive et restent inactifs pour 34,7%, 21,8% et 7,5% après respectivement 6, 12 et 36 mois d’inscription. 

Les nouveaux malades inscrits en 2017 sont après 36 mois d’inscription : greffés pour 43,3%, en attente sur liste active pour 25,1%, sur liste inactive depuis l’inscription pour 7,5% et sur liste inactive après une contre-indication temporaire de greffe secondaire pour 13,1% (

Tableau R8

).

La proportion d’inscription inactive pour les nouveaux inscrits a augmenté entre 2014 et 2019 (+13%) mais aussi la durée de cette inactivité à l’inscription, augmentation de 7% pour les durées de plus de 6 mois (

Tableau R9

). En revanche, les motifs d’inscription inactive pour les nouveaux inscrits ont peu évolué et sont en 2020 très largement pour un « bilan pré-greffe en cours » (78%) et « autre » (11%), le motif « COVID19 » apparaît pour 1% (

Tableau R10

).

Lorsque la cinétique d’accès à la greffe est estimée sur la cohorte des malades inscrits et actifs pour la première fois en 2017 (N = 3 526), 36 mois après l’inscription, 54,5% des malades sont greffés, 6.8% sont décédés et 6.9% sortis de liste, et enfin 31.8% restent en attente (

Tableau R11

). 

Le taux d’incidence cumulée de greffe à partir de la date d’inscription active et après exclusion du temps en liste inactive avec prise en compte du risque concurrent de décès en attente ou de sorties pour aggravation pour la période 2016-2019 est de 34% à 1 an, 51% à 2 ans avec une médiane d’attente à 22,9 mois (

Figure R1

Le taux d’incidence cumulée de greffe à partir de la date d’inscription active avec prise en compte du risque concurrent de décès en attente ou de sorties pour aggravation varie significativement en fonction :

  • De la période, avec un taux significativement plus bas pour la période 2016-2019 (51% à 2 ans) comparé aux périodes 2012-2015 (57%), 2008-2011 (61%). Cet indicateur reflète une pénurie croissante de greffons.
  • De l’âge, avec un taux significativement plus haut pour les jeunes adultes [18-20 ans] (85% à 2 ans) comparé aux 2 tranches d’âge [56-65 ans] et [66-75 ans] qui détiennent les taux le plus bas (42 et 40% respectivement à 2 ans) pour la période 2016-2019.
  • Du groupe sanguin avec un accès à la greffe plus difficile pour les receveurs de groupe B et O (40% à 2 ans) comparé aux receveurs de groupe A et AB (65 et 70%), pour la période 2016-2019.
  • Du niveau d’immunisation, tout particulièrement pour les receveurs hyperimmunisés (TGI ≥ 85%) avec un taux d’incidence cumulée des greffes à 2 ans de 41% versus 57% pour les receveurs non immunisés et entre 46 et 50% pour les receveurs immunisés (TGI 1-84%) pour la période 2016-2019.
  • De l’équipe de greffe avec un taux d’incidence cumulée des greffes à 2 ans variant de 29% à plus de 81% parmi les équipes de greffe rénale adulte pour la période 2016-2019, environ la moitié d’entre elles ont un taux d’incidence à 2 ans entre 50 et 75%.

Le taux d’incidence cumulée des décès en attente ou sorties pour aggravation avec prise en compte du risque concurrent de greffe est inchangé au cours des 3 dernières périodes [soit de 2008-2019], 7% à 2 ans (

Figure R1

). 

Prélèvement des donneurs décédés en vue de greffe rénale

En 2020, en raison de la suspension temporaire de l’activité de transplantation rénale, la proportion des reins prélevés parmi les donneurs décédés (de mort encéphalique ou après arrêt circulatoire) prélevés d’au moins un organe a chuté à 81,5% contre 93% en moyenne sur les 10 dernières années.
En 2020, en lien avec la crise sanitaire, l’activité de prélèvement a baissé de 21% par rapport à 2019.

Ainsi en 2020, parmi les 1 512 donneurs décédés prélevés d’au moins un organe, 1 233 (81.5%) ont été prélevés d’au moins un rein. Au total, 2 388 greffons rénaux ont été prélevés dont 92,3% ont été greffés (

Tableau R15

).

Parmi les donneurs décédés prélevés d’au moins un rein greffé en 2020 (soit 1 187 donneurs) (

Tableau R17

):

  • 5 (0,4%) étaient des donneurs de la catégorie II de Maastricht (programme ouvert en 2006).
  • 132 (11,1%) étaient des donneurs de la catégorie III de Maastricht (programme ouvert en novembre 2014).
  • 1 050 (88,5%) étaient des sujets en état de mort encéphalique.

Les donneurs décédés après arrêt circulatoire des catégories II et III de Maastricht font l’objet d’un protocole national avec entre autres un âge maximal autorisé, ce qui explique une proportion plus élevée de donneurs jeunes, comparée celle parmi les donneurs décédés en mort encéphalique. Des différences sont aussi observées en termes de sexe ratio (28,8% de femmes parmi les donneurs décédés de la catégorie III de Maastricht contre 43,9% de femmes parmi les donneurs décédés en mort encéphalique).

En 2020, les donneurs décédés de mort encéphalique sont pour 35,1% âgés de 66 ans et plus (14% âgés de 75 ans et plus). Les donneurs vivants sont pour 14,9% âgés de 66 ans et plus (1,5% âgés de 75 ans et plus) (

Tableau R17

).

En 2020, en lien avec la crise sanitaire, la proportion des greffes de donneurs décédés de mort encéphalique à partir de donneurs à critères élargis est moindre 43,6% (contre 49,5% en moyenne entre 2010 et 2019).
La mise sous machine à perfusion des greffons issus de donneurs décédés à critères élargis progresse encore pour atteindre 84,4% (contre 62,1% en 2015 et 78,5% en 2018) (programme national mis en place en 2012) (

Tableau R27

). Il existe encore une marge de progression de cette pratique avec un taux de mise sous machine pour des reins de donneurs à critères élargis variant de 60,9 à 100% selon l’équipe de greffe (hors Pointe-à-Pitre). Cependant, 2/3 des équipes ont recours à une machine de perfusion pour 85 à 100% des greffons à critères élargis (

Tableau R28

).

Activité de greffe rénale

En 2020, 2 595 greffes rénales ont été réalisées en France (38,3 pmh) soit un recul de 29% (-1 048 greffes) par rapport à 2019, en lien avec la crise sanitaire limitant les possibilités de prélèvements et la suspension de l’activité de transplantation rénale adulte du 17 mars au 11 mai 2020. Comparée à 2019, l’année 2020 enregistre à la fois une baisse des greffes de donneur décédé en état de mort encéphalique (-30% soit –839 greffes), une baisse des greffes de donneurs décédés après arrêt circulatoire de la catégorie III de Maastricht (-22% soit -72 greffes) alors que cette activité était en déploiement (41 centres hospitaliers autorisés en 2020 contre 35 en 2019) et un recul des greffes de donneur vivant (-24% soit-120 greffes) (

Tableau R1

).

En 2020, 45 équipes ont réalisé des greffes rénales, 12 équipes ont une activité pédiatrique exclusive. Parmi les 33 équipes de greffe adulte, 8 équipes ont réalisé entre [100 et 149] greffes par équipe, 14 équipes entre [61 et 94] greffes par équipe et 11 équipes entre [24 et 51] greffes par équipe (

Tableau R23

). Si la baisse globale d’activité en France est de -29%, la baisse est hétérogène entre les équipes ; Lille et Foch (Suresnes) ont une baisse de plus de 50%, à l’inverse Besançon, Caen, Clermont-Ferrand et Nice qui n’ont pas de baisse d’activité par rapport à 2019. Le taux de croissance très élevé de Sorbonne Université est lié à l’ouverture de cette équipe en fin d’année 2019.

Alors que 41,8% des nouveaux patients sont inscrits de manière préemptive (

Tableau R7

), 10,4% des receveurs greffés à partir d’un donneur en état de mort encéphalique n’ont pas débuté la dialyse le jour de la greffe, contre 37,2% des receveurs greffés à partir d’un donneur vivant (

Tableau R19

). Depuis 2014, la part des greffes préemptives (hors retransplantation) est restée stable autour de 15% (

Tableau R21

).

 

Depuis février 2015, le score d’attribution des greffons rénaux prend mieux en compte la qualité de l’appariement en âge et en nombre d’incompatibilités HLA pour les jeunes receveurs ;

  • 86% des greffons prélevés sur les donneurs décédés âgés de 30 à 55 ans ont été attribués à des receveurs de moins de 56 ans et 45% de ceux prélevés sur les donneurs âgés de 18 à 29 ans ont été attribués à des receveurs de moins de 30 ans. Parmi les donneurs âgés de 75 ans et plus, 85% des greffons prélevés ont été attribués à des receveurs âgés de plus 66 ans ( Tableau R16 ).
  • 27% des receveurs de 18-45 ans et 36% des 46-65 ans ne présentent pas plus de 3 incompatibilités HLA A.B.DR.DQ contre 21% des receveurs âgés de plus de 65 ans. Pour la classe II, 82% des receveurs de 18-45 ans et 86% des receveurs âgés de 46 à 65 ans ne présentent pas plus 2 incompatibilités HLA DR-DQ. Ce taux s’élève à 88% pour les enfants ( Tableau R22 ). 

La durée moyenne d’ischémie froide décroit régulièrement ces 11 dernières années passant de 15,4 à 13,1 heures pour les greffes réalisées à l’échelon local et de 17,7 à 15,1 heures pour l’ensemble des greffes rénales réalisées à partir d’un donneur en état de mort encéphalique (

Tableau R24

). Le détail par équipe de ces durées est donné dans le tableau R26, Paris-Necker et Clermont-Ferrand ont une durée moyenne d’ischémie froide supérieure à 20 heures. En cas de donneurs décédés après arrêt circulatoire Maastricht II et III, la durée moyenne d’ischémie froide est plus courte, respectivement de 12,3 et 10,2 heures en 2020 (

Tableau R25

).

En 2020, parmi les 1 945 greffes rénales réalisées à partir de greffons issus de donneurs décédés en mort encéphalique, 45,4% ont été attribués à l’échelon local, 0,6% à l’échelon régional, 33,3% à l’échelon national et 398 greffons (20,5%) ont fait l’objet d’une attribution prioritaire, à l’échelon national dans 81,7% des cas (

Tableau R29

). L’attribution bigreffe a été marginale en 2020 (5 greffes soit 0,3%), contre plus de 2% en 2010-2012 (

Tableau R30

).

La part des attributions prioritaires régionales ou nationales est stable depuis 2010 autour de 21,5% (

Tableau R30

). Les modalités d’attribution prioritaires nationales ou régionales en 2020 se répartissent principalement : 55,3% pour la priorité hyperimmunisée, 21,9% pour la priorité greffe combinée, 16,8% pour la priorité pédiatrique, 3,5% (14 greffes) pour la priorité Super Urgence (

Tableau R29

).

 

Donneur vivant

Historiquement la greffe issue de donneur vivant en France est peu développée par rapport à d’autres pays européens et à l’Amérique du Nord. Depuis 2008, elle est considérée comme un complément nécessaire de la greffe issue de donneur décédé et son développement devient une priorité nationale. On observe une progression de cette activité jusqu’en 2017 où 611 greffes issues de donneurs vivants sont réalisées représentant 16% de l’activité (contre 222 greffes représentant 8% de l’activité en 2008). 

En revanche, 2020, et pour la troisième année consécutive, est marquée par un recul de l’activité de greffe rénale issue de donneur vivant (-23,5%) avec un total de 390 greffes rénales (5,8 pmh), représentant 15% du total des greffes rénales réalisées dans l’année. Si l’épidémie Sars-CoV2 a un peu moins impacté l’activité de greffe rénale issue de donneur vivant comparée à l’activité issue de donneur décédé (-29,6%), cette activité reste très inférieure aux objectifs du plan greffe 2017-2021.

Ces 390 greffes issues de donneur vivant ont été réalisées par 39 des 45 équipes de greffes autorisées (dont 12 équipes pédiatriques exclusives) (

Tableau R23

) :

  • 10 équipes réalisent 60% de l’activité de greffe issue de donneur vivant (soit de 16 à 47 greffes par équipe en 2020).
  • Seules 6 sur 33 équipes de greffes rénales adultes ont atteint ou dépassé l’objectif d’activité fixé à 20% de greffes issues de donneur vivant par le Plan Greffe 2017-2021, une équipe atteint plus de 30% d’activité de greffes issues de donneur vivant.
  • Les effectifs des greffes pédiatriques issues de donneurs vivants sont faibles et sujets à des variations ; en 2020, 15 receveurs pédiatriques ont reçu une greffe de donneur vivant ce qui représente 18,1% de l’activité des greffes pédiatriques, en baisse par rapport aux 6 dernières années (22,5 greffes pédiatriques de donneur vivant en moyenne par an pour la période 2014-2019, représentant 22,4% de l’activité pédiatrique).

La baisse du nombre de donneurs :

  • Touche la classe des donneurs plutôt jeunes et depuis 2016, la moitié des donneurs est âgée de plus de 50 ans. La proportion des donneurs de 61 ans et plus augmente progressivement pour atteindre 26% des donneurs vivants en 2020 (contre 16% en 2013). L’âge moyen des donneurs est désormais de 52,6 ans (contre 49,2 ans en 2013), avec un âge minimal et maximal autour de 20 ans et 79 ans respectivement depuis 2012 ( Tableau R33   et  Tableau R37 ) ;
  • A concerné la greffe rénale pédiatrique en 2020 avec une proportion de greffes pédiatriques issues de donneur vivant limitée à 18% contre 23% en 2019 ( Tableau R35 ) ;
  • En 2020, la répartition des liens entre donneur et receveur est relativement stable et se compose en majorité de la fratrie (33%), des conjoints (26%) et des parents (23%) ( Tableau R36 ) ; 
  • Est observée malgré un recours quasi exclusif à la cœlioscopie : 97% en 2020 contre 80% et 51% respectivement en 2011 et 2007 ( Tableau R34 ). À noter un prélèvement du rein gauche chez 91% des donneurs ( Tableau R33 ).

Les receveurs bénéficiant d’un don de rein du vivant sont :

  • Agés en moyenne de 47,7 ans au cours des 4 dernières années (contre 40 ans en 2008-2009 ( Tableau R37 ). Près de la moitié des receveurs sont âgés de 30 à 55 ans et 8% de 70 ans et plus en 2020 ( Tableau R19 ) ;
  • Moins immunisés que les receveurs de donneurs décédés avec 4,4% de receveurs hyperimmunisés et 57,9% de patients non immunisés en 2020, en lien entre autres avec la fréquence moindre de receveurs en attente d’une retransplantation (9,7% en cas de donneurs vivants contre 15,8% en cas de donneurs décédés en mort encéphalique) ( Tableau R19 ) ;
  • Plus souvent greffés de manière préemptive comparées aux receveurs de donneurs décédés (37,2% contre 10,4% respectivement) ( Tableau R19 ) ;
  • Greffés en ABO incompatibles dans 13,8% des cas en 2020 contre 5,5% en 2013 et 16% en 2017 ( Tableau R38a ). 

Pour la troisième année consécutive, le programme de don croisé n’a pas permis la réalisation de greffe rénale en 2020. Malgré la présence de 37 paires en attente au 31/12/19, aucun échange possible n’a été enregistré dans l’année 2020 (

Tableau R44

). Les donneurs inscrits en vue d’un don croisé sont majoritairement des conjoints (64%) puis des parents (9%) (

Tableau R46

), leur âge moyen est de 53 ans avec des extrêmes de 32 à 73 ans. Près de 20% des receveurs inscrits dans le programme de don croisé sont hyperimmunisés (

Tableau R45

).

Le suivi des donneurs vivants est obligatoire depuis la Loi de bioéthique de 2004 et 6280 donneurs ont été enregistrés depuis 2004 (

Tableau R42

). 

Les données du registre de suivi des donneurs vivants pour les années 2004 à 2019 permettent d’identifier (

Tableau R40

) :

  • La survenue d’au moins une complication péri-opératoire ou évènement déclaré chez 34% des donneurs en moyenne par an ;
  • Parmi les complications ou évènements déclarés, les douleurs post opératoires sont la 1ère cause (61%) suivies des infections, ‘autres’  puis réhospitalisations ;
  • La fréquence des douleurs post-don est de 30% sur l’ensemble de la période (à interpréter avec prudence en présence d’un taux de 30,6% de données manquantes). La fréquence des douleurs est de 25,6% chez les donneurs âgés de 18-34 ans contre 31% chez les 50 ans et plus ( Tableau R39 ) ;
  • Le débit de filtration glomérulaire médian estimé selon la méthode CKD EPI (sans la pondération liée à l’origine ethnique) passe de 104,2 ml/mn/1.73m² en préopératoire à 74,4 ml/mn/1.73m² après 1 an et 81,2 ml/mn/1.73m² après 5 ans avec cependant un taux de suivi très limité puisqu’il atteint 68,8% à 1 an, 37,2% à 5 ans et moins de 30% au-delà de 10 ans post-don ( Tableau R42 ). 

Le nombre de donneurs vivants à suivre s’élève à 5 755 en 2020. Le nombre de donneurs à suivre par équipe s’échelonne entre 366 et 688 pour 3 équipes, entre 205 et 298 pour 8 équipes entre 115 et 184 pour 11 équipes et moins de 72 donneurs pour 12 équipes. Le taux de suivi adéquat par équipe (indicateur COP) est en moyenne de 77,5% (médiane 86,5%) avec des écarts importants entre équipes (

Tableau R41

).  
La tendance du suivi des donneurs vivant dans le registre n’est pas à l’amélioration depuis 2004 puisque 69,4% des DFG à 1 an sont renseignés en 2018 et 58,6% en 2019 contre 75% et 78,5 en 2014 et 2004 respectivement ; ce constat nécessite un effort national d’amélioration.

Suivi post greffe

Sur la période 2016-2019, le taux de non fonction primaire est de (

Tableau R47

) :

 

  • 3% en cas de donneurs vivants.
  • 3% et 7% en cas de donneurs décédés de mort encéphalique respectivement à critères standards et à critères élargis.
  • 12% en cas de donneurs de la catégorie II de Maastricht, en lien avec le délai d’ischémie chaude qui reste élevé de plus de 140 minutes en médiane.
  • 3% en cas de donneurs de la catégorie III de Maastricht.

Sur la période 2016-2019, le taux de reprise retardée de fonction est de (

Tableau R48

) :

  • 5% en cas de donneurs vivants. 
  • 23% en cas de donneurs décédés de mort encéphalique à critères standards.
  • 27% en cas de donneurs décédés de mort encéphalique à critères élargis avec un impact significatif du recours à la perfusion sur machine hypothermique, ce taux passant de 37% à 24% en cas de perfusion.
  • 63% en cas de donneurs de la catégorie II de Maastricht, en lien avec le délai d’ischémie chaude qui reste élevé de plus de 140 minutes en médiane.
  • 15% en cas de donneurs de la catégorie III de Maastricht.

Les taux de non fonction primaire et de reprise retardée sont particulièrement bas pour les greffes issues de donneurs de la catégorie III de Maastricht en regard des données de la littérature internationale. Ces résultats sont obtenus dans le cadre d’un protocole national comportant un recours systématique à la circulation régionale normothermique, une perfusion sur machine hypothermique, une ischémie froide courte et une induction déplétante.

Sur la période 2015-2018, le débit de filtration glomérulaire estimé (formule CKD-EPI sans prise en compte de l’ethnie) (

Tableau R49

) : 

  • À 1 an post-greffe, est supérieur ou égal à 60 ml/min/1.73m² pour près de la moitié des greffes de donneurs vivants âgés de moins de 60 ans, 47,4% des greffes de donneurs décédés à critères standards, 38,8% des greffes de donneurs décédés Maastricht III.
  • À 1 an post-greffe, est supérieur ou égal à 45 ml/mn/1.73m² pour près de 61% des greffes de donneurs vivants âgés de plus de 60 ans, 34,8% des greffes de donneurs décédés de mort encéphalique à critères élargis, 62,1% des greffes de donneurs décédés Maastricht II.
  • À 1 an post-greffe, est inférieur à 30 ml/mn pour 26,6% des greffes de donneurs décédés de mort encéphalique à critères élargis
  • À 5 ans post-greffe, est supérieur ou égal à 45 ml/mn/1.73m² pour 78,5% des greffes de donneurs vivants âgés de moins de 60 ans (54% si âgés de plus de 60 ans), 72,5% des greffes de donneurs décédés de mort encéphalique standards (35% si critères élargis).

La survie globale des greffons estimée par la méthode de Kaplan-Meier est de 58,3% à 10 ans pour la période de greffe [2007-2019] ; la survie des greffons varie significativement avec :

  • La période de greffe : la survie à 1 an est de 92,6% pour la période [2006-2008] contre 91,7% pour la période [2015-2019] et cette différence s’aggrave à 5 ans avec une baisse significative passant de 80,1% à 73,7% entre les périodes [2006-2008] et [2015-2019], en lien notamment avec le vieillissement des receveurs et des donneurs (p < 0,001) ( Figure R2 ).
  • L’âge du donneur avec une survie des greffons à 1 et 5 ans, sans et avec censure des décès, qui diminue pour chaque tranche d’âge après 60 ans (p < 0,001) ( Figure R4a   et  Figure R4b ). 
  • L’âge du receveur avec une survie des greffons à 1 et 5 ans qui diminue pour chaque tranche d’âge après 60 ans (p < 0,001) ( Figure R8a ). Cette différence diminue mais persiste après censure des décès (p < 0,001) (Figure R8b).
  • Le type de donneurs, les survies des greffons issus de donneur vivant s’élèvent à 96,3%, 88,6% et 74,3% respectivement à 1, 5 et 10 ans, supérieures à celles issues de donneurs décédés ( Figure R5 ), que le donneur soit apparenté ou non. Les survies à partir de donneurs décédés de mort encéphalique standards et de la catégorie III de Maastricht sont comparables (94,4 et 94,2% respectivement à 1 an) et supérieures à celles observées pour les donneurs décédés de mort encéphalique à critères élargis et ceux de la catégorie II de Maastricht (87,2% et 88,1% respectivement à 1 an) ( Figure R6 ). 
  • Le rang de la greffe avec une moins bonne survie pour les retransplantations, surtout pour les greffes de rang > 2 (dont la survie à 5 ans est de 67,2% contre 78,5% pour les greffes de rang=1, p < 0,001) ( Figure R7 ). 
  • L’immunisation anti-HLA avec une différence qui apparait tardivement à 5 ans (p < 0,001) ( Figure R9 ), mais qui est beaucoup plus marquée en cas d’anticorps anti-HLA dirigés contre le greffon et présents au moment de la greffe, différence qui apparait dans ce cas dès 1 mois post greffe (p < 0,001) (Figure R12). Différence également observée en cas de greffe de donneur vivant en présence d’anticorps anti-HLA dirigés contre le donneur (DSA) (la survie à 5 ans est de 84,6% en présence de DSA contre 88,2% en l’absence de DSA) ( Figure R13 )
  • Du nombre d’incompatibilités HLA avec une survie inférieure en cas de 4 à 6 incompatibilités HLA A, B, DR et en cas de plus 3 incompatibilités HLA classe II DR DQ (p < 0,001) ( Figure R10 et  Figure R11 ).
  • Une incompatibilité ABO en cas de greffe de donneur vivant (la survie à 5 ans est de 88,8% en ABO compatible contre 80,9% en ABO incompatible) (p < 0,001) ( Figure R15 ).

La survie du receveur diminue significativement avec :

  • La période de greffe en lien avec des receveurs plus âgés et présentant un nombre de comorbidités plus élevé dans les périodes les plus récentes ( Figure R16 ),
  • L’âge des receveurs lors de la greffe dont la survie à 5 ans des receveurs adultes de moins de 60 ans est de 93,3% contre 79,8%, 70,7% et 58,1% pour les receveurs âgés respectivement de 61-70 ans, 71-75 ans et plus de 75 ans ( Figure R17 ). 
  • Le type de donneur dont la survie à 5 ans est plus basse en cas de donneur décédé (86,7% contre 95,4% en cas de donneur vivant). Les greffes de donneurs vivants sont réalisées chez des receveurs plus jeunes, moins immunisés, plus souvent de manière préemptive ( Figure R18 ).

Activité régionale

Dans le cadre de la crise sanitaire liée à l’épidémie Sars-CoV2, l’année 2020 est marquée par un recul du nombre de nouveaux inscrits sur la liste d’attente nationale de greffe rénale et représente 69,3 malades pmh (Tableau A3 dans les Annexes), comparable à l’année 2013, alors qu’annuellement on constatait une augmentation pour atteindre 83,1 nouveaux inscrits pmh en 2019.

En Métropole, les taux régionaux d’inscription les plus élevés se situent en Haute-Normandie (94,6 pmh), Aquitaine (90,7 pmh), Île-de-France (82,6 pmh) et Limousin (80,8 pmh). À l’inverse, la Corse et la Franche-Comté ont les taux d’inscription les plus bas en 2020 (inférieurs à 41 pmh). Dans les régions d’outre-mer, on observe une activité d’inscription toujours élevée en 2020, en particulier à La Réunion (93,5 pmh) et en Martinique (81,9 pmh), un peu plus basse en Guadeloupe (51,2 pmh contre 109,6 pmh en 2019) alors qu’en Guyane pour la seconde année consécutive l’activité est en baisse (10,9 pmh contre 18,4 pmh en 2019).

En 2020, le taux national de greffe rénale était de 38,3 malades greffés pmh, proche du taux observé en 2004 et en baisse de 15,6 pmh par rapport à l’année 2019. 

Les taux de greffe régionaux ont été diversement impactés par la crise sanitaire de 2020. Si la Guadeloupe a conservé une activité de greffe stable et élevée à 58,9 pmh, la Réunion et la Martinique ont eu la plus forte baisse d’activité de greffe en 2020, suivies du Nord-Pas-de-Calais, Languedoc-Roussillon, Alsace, Île-de-France. Malgré la forte baisse d’activité en 2020, la Réunion conserve une activité de greffe élevée (49,1 pmh). En Métropole, le taux de greffe le plus élevé est observé en Haute-Normandie (52,6 pmh) et le taux de greffe le plus bas dans le Nord-Pas-de-Calais (23,9 pmh). 

La probabilité d’être greffé à partir d’une date donnée, peut être calculée de diverses façons, soit à partir du début de la prise en charge de l’IRCT, soit à partir de l’inscription sur la liste nationale d’attente, soit à partir de l’inscription active sur la liste.

Après 12 mois d’inscription active sur la liste nationale d’attente, la probabilité d’être greffé est de 35% pour les malades inscrits sur liste active entre 2014 et 2019. Au niveau régional, les disparités sont importantes avec une probabilité de greffe à 12 mois qui varie de 21% en Midi-Pyrénées à 64% dans le Nord-Pas-de-Calais. En dehors des régions d’outre-mer, l’Île-de-France, l’Alsace, la Lorraine et le Languedoc-Roussillon présentent des taux d’accès inférieurs à 30%. Ces données doivent être interprétées selon l’accès à la liste nationale d’attente (taux d’inscription) qui varie beaucoup d’une région à l’autre.

Le pourcentage des patients inscrits sur liste active d’attente parmi les patients dialysés de moins de 60 ans est un indicateur d’accès indirect à la greffe rénale mais plus global. Chez les 21 022 nouveaux patients âgés de moins de 60 ans ayant débuté la dialyse entre 2012-2019 (

Figure R24

), la probabilité d’être inscrits sur la liste active d’attente est de 41,1% à 12 mois, 64% à 36 mois et 70,1% à 60 mois. Le temps nécessaire pour que 50 % de ces patients soient inscrits est de 17,2 mois (médiane d’attente). On observe 14,2 % de nouveaux dialysés de moins de 60 ans inscrits sur liste active au moment du démarrage de la dialyse (rapport REIN 2019).

On observe de grandes variations d’une région à l’autre. Hors outre-mer, l’accès le moins bon est observé dans le Nord-Pas-de-Calais avec un taux d’inscrits à 12 mois de 18,6%. A l’inverse, les régions qui inscrivent le plus sont le Midi-Pyrénées, l’Aquitaine et le Limousin avec des taux à 12 mois de 55,2%, 51,2% et 51,6%.

L’analyse, pour cette même période, de l’accès à la greffe rénale 24 mois après le début du traitement de suppléance permet de prendre en compte l’ensemble du parcours des patients avec les variations régionales de l’activité d’inscription sur liste et les variations d’accès à un greffon pour les patients inscrits en attente (Figure R25). Pour la cohorte des 23 429 patients de moins de 60 ans, ayant débuté un traitement de suppléance par dialyse ou greffe rénale préemptive dans la période 2012-2019, 10,3% des patients ont eu une greffe préemptive et après 24 mois, 34,4% ont été greffés. Les variations régionales persistent mais sont atténuées. Les régions ayant les taux d’accès le plus faible sont le Nord-Pas-de-Calais, la Picardie, et la Champagne-Ardenne (respectivement à 24 mois 25,9%, 26,9% et 27,4%). À l’inverse, les taux les plus élevés sont les Pays de Loire, la Basse-Normandie et Poitou-Charentes (respectivement 52,5%, 47,2% et 47,3%).

Liste d’attente

Tableau R1. Evolution de la liste d'attente et devenir des candidats en greffe rénale
Tableau R2. Evolution des principaux indicateurs de pénurie de greffe rénale
Tableau R3. Caractéristiques démographiques des donneurs de rein et des malades inscrits selon leur devenir en liste d'attente de greffe rénale en 2020
Tableau R4. Caractéristiques démographiques des malades inscrits selon leur devenir en liste d'attente de greffe rénale en 2020
Tableau R5. Evolution du nombre de nouveaux inscrits en attente d'une greffe rénale selon la néphropathie d'origine
Tableau R6. Comorbidités parmi les nouveaux malades inscrits en greffe rénale selon leur âge à l'inscription (2015-2020)
Tableau R7. Evolution du nombre de nouveaux inscrits en attente d'une greffe rénale préemptive selon le rang de la greffe

Cinétique de la liste d’attente

Tableau R8. Evolution sur les trois premières années du devenir des malades inscrits pour la première fois en greffe rénale en 2017 (N= 3906)
Tableau R9. Evolution des nouveaux inscrits selon le délai d’attente inactive depuis l’inscription
Tableau R10. Evolution des motifs d’inactivité sur liste à l’inscription chez nouveaux inscrits
Tableau R11. Evolution sur les trois premières années du devenir des malades dont la première inscription active* sur la liste d’attente de greffe rénale est en 2017 (N= 3526)
Figure R1. Taux d'incidence cumulée de greffe et de décès ou aggravation sur la liste d'attente de greffe rénale à partir de la date d’inscription active* selon la période
Tableau R12. Incidence cumulée des greffes avec prise en compte du risque concurrent de décès en attente ou sorties pour aggravation selon les caractéristiques des malades inscrits 2016 et 2019 sur la liste d'attente d'une greffe rénale à partir la date de l'inscription active*
Tableau R13. Evolution de l'Incidence cumulée des greffes avec prise en compte du risque concurrent de décès en attente ou sorties pour aggravation selon les caractéristiques des malades inscrits sur la liste d'attente d'une greffe rénale à partir de la date d'inscription active*
Tableau R14. Taux d'incidence cumulée selon l'équipe de greffe des malades inscrits entre 2016 et 2019 sur la liste d'attente d'une greffe rénale à partir de la date d'inscription active*
Tableau R15. Evolution de l’activité de prélèvement de greffon rénal en France depuis 1997
Tableau R16. Age des greffons prélevés sur donneurs décédés et greffés en France en 2020 selon l'âge du receveur
Tableau R17. Caractéristiques des donneurs prélevés en France dont au moins un rein a été greffé en 2020
Tableau R18. Evolution de l'activité de greffe rénale depuis 1987 selon le type de donneur
Tableau R19. Caractéristiques des receveurs greffés en 2020 selon le type de donneur
Tableau R20. Evolution du nombre de greffes rénales selon la néphropathie d'origine
Tableau R21. Evolution du nombre de greffes rénales préemptives
Tableau R22. Caractéristiques des greffes en 2020 selon la compatibilité HLA en super-type
Tableau R23. Nombre de greffes rénales effectuées par équipe en 2020
Tableau R24. Evolution des durées moyennes d’ischémie froide en heure
Tableau R25. Evolution des durées moyennes d’ischémie froide en heure pour les greffes rénales à partir des donneurs décédés après arrêt circulatoire
Tableau R26. Durée moyenne d’ischémie froide en heure pour l’année 2020 par équipe de greffe
Tableau R27. Evolution depuis 2011 du nombre de greffes selon que le rein a été mis sous machine à perfusion ou non et selon le type de donneur décédé
Tableau R28. Nombre de greffes par équipe selon que le rein a été mis sous machine à perfusion (donneur décédé en mort encéphalique à critères élargis - 2020)
Tableau R29. Modalités d’attribution pour les greffes rénales réalisées en 2020 à partir de donneurs décédés en état de mort encéphalique
Tableau R30. Evolution des modalités d’attribution pour les greffes rénales réalisées à partir de donneurs décédés en état de mort encéphalique
Tableau R31. Caractéristiques des inscrits ayant eu au moins une fois depuis leur inscription un taux de greffon incompatible à 85% ou plus, par année d'inscription
Tableau R32. Evolution du nombre de greffes combinées à une greffe rénale

Prélèvement à partir de donneur vivant

Tableau R33. Evolution de l'activité de prélèvement sur donneur vivant
Tableau R34. Evolution du nombre de chirurgies par type

Greffe rénale à partir de donneur vivant

Tableau R35. Évolution de l'activité de greffe rénale selon le type de donneur
Tableau R36. Evolution depuis 2011 du nombre de greffes rénales avec donneurs vivants selon la relation entre le donneur et le receveur
Tableau R37. Evolution de l'âge des donneurs et des receveurs depuis 2011 (donneurs de résidus opératoires et dominos exclus)
Tableau R38a. Evolution du nombre de greffes de rein à partir de donneur vivant ABO incompatibles entre 2011 et 2020
Tableau R38b. Caractéristiques des greffes selon la compatibilité HLA en super-type

Suivis des donneurs vivants post don

Tableau R39. Fréquence des douleurs post-opératoires après le prélèvement chez les donneurs vivants de rein selon l'âge et le type d'intervention entre 2004 et 2019
Tableau R40. Evolution de la fréquence des complications péri-opératoires chez les donneurs vivants de rein entre 2004 et 2019
Tableau R41.Taux de suivi des donneurs vivants par équipe de greffe
Tableau R42. DFG médian des donneurs vivants de rein selon le temps de suivi (débit de filtration glomérulaire estimé par la formule CKD-EPI) prelevés entre le 1er mai 2004 et le 31 décembre 2020
Tableau R43. Taux de remplissage des DFG à 1 an pour les donneurs vivants de rein prelevés entre le 1er mai 2004 et le 31 décembre 2019

Dons croisés

Tableau R44. Evolution des inscriptions et greffes en don croisé au 31 Décembre 2020
Tableau R45. Caractéristiques des donneurs et des receveurs des paires inscrites entre le 01/01/2013 et le 31/12/2020
Tableau R46. Nombre de paires inscrites en don croisé selon la relation entre le donneur et le receveur depuis le début du programme en 2013
Tableau R47. Analyse de la non fonction primaire du greffon après une primo greffe de rein seul chez l'adulte selon le type de donneur ( 2016-2019)
Tableau R48. Analyse du retard de fonction après une primo greffe de rein seul chez l'adulte selon le type de donneur ( 2016-2019)
Tableau R49. Analyse du débit de filtration estimé à 1 an selon le type de donneur pour les primo greffes de rein seul chez l'adulte entre 2015 et 2018 (exclusion des arrêts de fonction et décès après greffe avant 1 an)
Tableau R50. Analyse du débit de filtration estimé à 5 ans selon le type de donneur pour lles primo greffes de rein seul chez l'adulte entre 2012 et 2015
Tableau R51. Répartition des malades déclarés vivants avec un greffon fonctionnel dans les différentes équipes de greffe rénale, en fonction du délai écoulé depuis les dernières nouvelles : état de la base au 31 décembre 2020 des malades ayant eu une greffe rénale entre 2007 et 2019
Tableau R52. Estimation du nombre de malades porteurs d’un greffon rénal fonctionnel au 31 décembre 2020, par équipe de suivi

Malgré l’amélioration de l’exhaustivité des données de suivi des malades greffés rénaux, il n’est pas possible d’obtenir le nombre de malades porteurs d’un greffon fonctionnel par simple interrogation de Cristal. En effet, au 31 décembre 2020, 19,2% des malades greffés rénaux entre 1993 et 2019 ont un suivi datant de plus d’un an. Ainsi, l’estimation de ce nombre a été effectuée en deux étapes basées sur l’ancienneté des données de suivi du malade. Dans un premier temps, nous avons dénombré les porteurs d’un greffon fonctionnel dans Cristal (malades déclarés vivants sans arrêt de fonction du greffon) dont les dernières nouvelles dataient de moins de 18 mois (suivi annuel obligatoire dans Cristal). Pour les malades qui n’avaient pas fait l’objet d’une déclaration de décès ou d’arrêt de fonction du greffon et dont les données de suivi dataient de plus de 18 mois, le nombre de porteurs d’un greffon fonctionnel a été estimé en leur appliquant les taux de survie du greffon estimés sur la population globale. 

Le nombre total de porteurs d’un greffon fonctionnel correspond à la somme de ces deux valeurs. Le chiffre ainsi estimé est encadré par deux bornes :

  • la borne inférieure correspond à l’hypothèse la plus pessimiste, selon laquelle les malades non suivis sont considérés comme en arrêt fonctionnel de greffon ou décédés. Cela signifie que seuls les greffés qui n’avaient pas fait l’objet d’une déclaration de décès ou d’arrêt de fonction du greffon au 31 décembre de l’année et dont les données de suivi dataient de moins de 18 mois étaient porteurs d’un greffon fonctionnel à cette date ;
  • la borne supérieure correspond à l’hypothèse la plus optimiste, selon laquelle les malades non suivis sont considérés comme porteurs d’un greffon fonctionnel. En d’autres termes, tous les greffés qui n’avaient pas fait l’objet d’une déclaration de décès ou d’arrêt de fonction du greffon au 31 décembre de l’année, quelle que soit l’ancienneté des données de suivi, étaient vivants et porteurs d’un greffon fonctionnel à cette date.

Le nombre de malades porteurs d’un greffon fonctionnel est un indicateur important de la charge de travail des équipes médico-chirurgicales de greffe qui doivent assumer le suivi d’une cohorte chaque année grandissante de malades sous traitement immunosuppresseur. Le nombre de porteurs d'un greffon fonctionnel estimé varie d'une équipe à l'autre de moins de 500 à plus de 2 000 malades, hors équipes pédiatriques et outremer. 

Le nombre estimé de porteurs de greffon fonctionnel en France est de 42 068 au 31 décembre 2020.

Survie greffon

Figure R2. Survie du greffon rénal selon la période de greffe
Figure R3. Survie globale du greffon rénal (2007-2019)
Figure R4a. Survie du greffon rénal selon l'âge du donneur (1993-2019)
Figure R4b. Survie du greffon rénal avec censure des décès selon l'âge du donneur (1993-2019)
Figure R5. Survie du greffon rénal selon l'origine du greffon (2007-2019)
Figure R6. Survie du greffon rénal selon l'origine du greffon (2007-2019)
Figure R7. Survie du greffon rénal selon le rang de la greffe (2007-2019)
Figure R8a. Survie du greffon rénal selon l'âge du receveur (greffes 2007-2019)
Figure R8b. Survie du greffon rénal avec censure des décès selon l'âge du receveur (greffes 2007-2019)
Figure R9. Survie du greffon rénal selon l'immunisation du receveur (03/02/2009-2019)
Figure R10. Survie du greffon rénal issu de donneur décédé, en fonction du nombre d’incompatibilités HLA A, B et DR avec exclusion des retransplantations (2008-2019)
Figure R11. Survie du greffon rénal issu de donneur décédé, en fonction du nombre d’incompatibilités HLA DR et DQ avec exclusion des retransplantations (2008-2019)
Figure R12. Survie du greffon rénal selon la présence d'anticorps anti-HLA dirigés contre le HLA du donneur (hors donneur vivant, donneur décédé après arrêt circulatoire, 2009-2019)
Figure R13. Survie du greffon rénal issu de donneur vivant selon la présence d'anticorps anti-HLA dirigés contre le HLA du donneur (2010-2019)
Figure R14. Survie du greffon rénal issu de donneur vivant selon le lien entre le donneur et le receveur (2007-2019)
Figure R15. Survie du greffon rénal à partir de donneur vivant selon la compatibilité ABO (2009-2019)

Survie receveur

Figure R16. Survie du receveur après greffe rénale selon la période
Figure R17. Survie du receveur après greffe rénale selon l'âge à la greffe (2007-2019)
Figure R18. Survie du receveur après greffe rénale selon l'origine du greffon (2007-2019)

Evaluation des résultats des greffes rénales

La méthode de l’évaluation est détaillée dans le chapitre Organes. 

Les facteurs de risque utilisés en rein pour l’analyse du taux d’échec à 1 an pour ajuster sur la gravité des receveurs et des donneurs sont : l’âge au moment de la greffe, l’indice de masse corporelle, durée de la dialyse à la greffe, néphropathie d'origine, nombre de greffes antérieures, comorbidités cardiovasculaires, le diabète des receveurs, et l’âge, le genre, la cause de décès, une hypertension artérielle, un diabète, une maladie coronarienne, une maladie rénale, le débit de filtration estimé (formule Schwartz ou MDRD) des donneurs, et nombre d'incompatibilités HLA DR, compatibilité des sérologies CMV,  la compatibilité des indices de masse corporelle, la compatibilité des groupes sanguins, le type de greffon (droit ou gauche ou bigreffe).

Les facteurs de risque utilisés en rein pour l’analyse du taux d’échec à 5 ans pour ajuster sur la gravité des receveurs et des donneurs sont : l’âge au moment de la greffe, l’indice de masse corporelle, durée de la dialyse à la greffe, néphropathie d'origine, nombre de greffes antérieures, comorbidités cardiovasculaires, le diabète des receveurs, le taux de greffons incompatibles, la durée d’attente avant greffe, la sérologie VHC, et l’âge, le genre, la cause de décès, une hypertension artérielle, un diabète, le débit de filtration estimé (formule Schwartz ou MDRD) des donneurs, et nombre d'incompatibilités HLA DR, la compatibilité entre le genre du receveur et du donneur, le type de greffon (droit ou gauche ou bigreffe), la durée de l’ischémie froide.    

Le taux d’échec ajusté dans une équipe est considéré comme significativement différent de la moyenne nationale s’il se trouve en dehors de l’intervalle de confiance à 99%. Les équipes peuvent être identifiées par les informations présentées dans le tableau ci-dessous.

Cette année, 1 équipe a un taux d’échec de greffe à 1 an significativement supérieur à la moyenne nationale et 1 équipe a un résultat significativement inférieur à la moyenne nationale (Figure R19).

Cette année, aucune n’a un taux d’échec de greffe à 5 ans significativement supérieur à la moyenne nationale et 2 équipes ont un résultat significativement inférieur à la moyenne nationale (Figure R20).

Les équipes non représentées sur les graphes sont celles qui ont réalisé 10 greffes ou moins sur la période ou présentent plus de 10% de perdus de vue. Les équipes strictement pédiatriques ont leur résultat dans le chapitre pédiatrique.

 

Figure R19. Test statistique d’écart à la moyenne nationale du taux d’échec à 1 an ajusté : méthode du « funnel plot » pour les équipes de greffe rénale (avec des autorisations de greffe adulte)
Figure R20. Test statistique d’écart à la moyenne nationale du taux d’échec à 5 ans ajusté : méthode du « funnel plot » pour les équipes de greffe rénale (avec des autorisations de greffe adulte)

Activité régionale

Figure R21 Inscription en greffe rénale 2020
Figure R22 Greffe rénale en 2020
Figure R23 Taux d’incidence cumulée de greffe rénales des candidats inscrits entre 2014 et 2019
Figure R24. Taux d’incidence cumulée d’accès à la liste active d’attente de greffe rénale à 12 mois
Figure R25 Taux d’incidence cumulée de greffe rénale des patients IRCT à 24 mois