Assistance médicale à la procréation -ACTIVITE INTRACONJUGALE

Cette partie détaille selon les techniques, l’activité d’assistance médicale à la procréation réalisée à partir des gamètes des deux membres du couple pris en charge. 

Le nombre d’inséminations intra-utérines réalisées en intraconjugal qui diminuait au fil des années s’est stabilisé en 2019 (44 271, - 0,3% par rapport à 2018,

Figure AMP11

). Parmi ces cycles, 10,8% ont conduit à un accouchement dont 90,1% d’accouchements uniques. Ainsi le taux d’accouchement par cycle demeure stable dans le temps, tandis que le taux d’accouchements multiples est en légère hausse (9,6% en 2019, 8,7% en 2018,

Tableau AMP8

).  

Les cycles d’inséminations de 2019 ont permis la naissance de 5 147 enfants (

Tableau AMP9

).

 

Figure AMP11. Inséminations artificielles intra-utérines avec les spermatozoïdes du conjoint : inséminations, grossesses, accouchements et enfants nés vivants de 2016 à 2019
Tableau AMP7. Insémination intra-utérine avec les spermatozoïdes du conjoint : répartition de l'âge des femmes à l'insémination de 2016 à 2019
Tableau AMP8. Insémination intra-utérine avec les spermatozoïdes du conjoint : grossesses, issues de grossesses et accouchements de 2016 à 2019
Tableau AMP9. Insémination intra-utérine avec les spermatozoïdes du conjoint : issues d'accouchements de 2016 à 2019

Depuis 2017, le nombre de ponctions en vue de FIV hors ICSI intraconjugal est stable. On remarque néanmoins une évolution des pratiques, des résultats et des caractéristiques des patients :

  • Entre 2016 et 2019, la proportion des ponctions réalisées en vue de FIV (hors ICSI) pour les femmes de moins de 30 ans a diminué de 2,4 points, est restée stable pour les femmes de 30 à 37 ans et a augmenté de 1,4 points pour les femmes d’au moins 38 ans. Ces changements peuvent avoir un impact sur les résultats, les chances de réussite de l’AMP diminuant avec l’âge des femmes ( Tableau AMP15 ). 
  • Les ponctions suivies de la congélation de la totalité de la cohorte embryonnaire transférable ou congelable (freeze-all embryonnaire) augmentent : ces freeze-all embryonnaires représentaient 17,9% des ponctions en 2019 et 9,3% en 2016 ( Tableau AMP11 ). 
  • Le transfert mono-embryonnaire représente en 2019, 63,4% des transferts immédiats d’embryons. Ces transferts en augmentation (47,1% en 2016) ont conduit à une diminution du taux de grossesses multiples (13,5% en 2016 contre 8,3% en 2019, Tableau AMP11 ) sans diminution des chances de procréer pour les couples ( Tableau AMP12 ) . En effet les taux de grossesses multiples après transfert mono-embryonnaire sont inférieurs à 2%, et s’élèvent à 22% après transfert de deux embryons ( Tableau AMP12 ).   
  • Le taux d’accouchement par ponction a diminué de près d’un point par rapport à 2016 (19,3% en 2019 contre 20,2% en 2016, Tableau AMP11 ). Cette diminution peut s’expliquer par la baisse du nombre de transferts parmi les ponctions non suivies d’une congélation de la totalité de la cohorte embryonnaire ou ovocytaire (81,9% en 2016 contre 78,3% en 2019), ceci potentiellement, en lien avec l’évolution des freeze all embryonnaires. 

Les tentatives de FIV hors ICSI réalisées en intraconjugal en 2019 en vue d’un transfert immédiat d’embryons (n=17 007,

Figure AMP12

) ont permis la naissance de 3 490 enfants (

Figure AMP12

,

Tableau AMP14

). 

 

Figure AMP12. FIV hors ICSI en intraconjugal : ponctions, transferts, grossesses, accouchements et enfants nés vivants de 2016 à 2019
Tableau AMP10. FIV hors ICSI en intraconjugal : répartition de l'âge des femmes à la ponction de 2016 à 2019
Tableau AMP11. FIV hors ICSI en intraconjugal : grossesses, issues de grossesses et accouchements de 2016 à 2019
Tableau AMP12. FIV hors ICSI en intraconjugal : nombre d'embryons transférés, réductions embryonnaires et accouchements de 2016 à 2019
Tableau AMP13. FIV hors ICSI en intraconjugal : ovocytes et embryons de 2016 à 2019
Tableau AMP14. FIV hors ICSI en intraconjugal : issues d'accouchements de 2016 à 2019
Tableau AMP15. FIV hors ICSI en intraconjugal : taux d'accouchements par ponction de 2019 selon l'âge des femmes à la ponction

La technique d’ICSI majoritairement utilisée, concerne en 2019, 66% des ponctions réalisées dans le but d’une fécondation in vitro en intraconjugal (

Figure AMP12

 et 

Figure AMP13

). Cette proportion est stable. 

En outre, on note depuis 2016 :  

Une évolution de l’âge des femmes prises en charge pour une ponction d’ovocytes en vue d’une ICSI : la proportion de femmes de moins de 30 ans a diminué passant de 19,6% à 17,8% (- 1,8 points) et celle des femmes de plus de 37 ans a augmenté passant de 25,4% à 27,8% (+ 2,4%). Les chances de réussite de l’AMP diminuant avec l’âge, cette évolution peut impacter les résultats. 

  • Une augmentation des ponctions suivies de la congélation de la totalité de la cohorte embryonnaire transférable ou congelable (freeze-all) ; ces freeze-all embryonnaires représentaient 16,4% des ponctions en 2019 contre 9,4% en 2016 ( Tableau AMP17 ). Globalement le pourcentage de congélations d’embryons est en progression (26,4% en 2019 contre 24,6% en 2016, Tableau AMP17 ). 
  • Une augmentation des transferts mono-embryonnaires, passant de 46,3% en 2016 à 59,7% des transferts en 2019 ( Tableau AMP20 ), qui a contribué à diminuer le taux de grossesses multiples (9,3% en 2019 contre 12,9% en 2016, Tableau AMP17 ).
  • Une diminution des taux de grossesse et d’accouchement par ponction notamment liée à l’augmentation du pourcentage de freeze-all embryonnaire ; les taux de grossesse échographique ou d’accouchement par transfert étant stables (respectivement 29,7% et 25,6% en 2019,  Tableau AMP17 ). 
  • Une diminution de la part des ponctions réalisées pour des femmes de moins de 30 ans (19,6% en 2016 contre 17,8% en 2019), tandis que la part des ponctions réalisées pour des femmes de 38 à 42 ans augmente (24,8 en 2016 contre 27,2% en 2019, Tableau AMP16 ). 

Les tentatives d’ICSI de 2019 réalisées en intraconjugal en vue d’un transfert immédiat d’embryon (n=33 764) ont permis à la naissance de 7 205 enfants (

Figure AMP13

,

Tableau AMP22

). 

 

Figure AMP13. ICSI en intraconjugal : ponctions, transferts, grossesses, accouchements et enfants nés vivants de 2016 à 2019
Tableau AMP16. ICSI en intraconjugal : répartition de l'âge des femmes à la ponction de 2016 à 2019
Tableau AMP17. ICSI en intraconjugal : grossesses, issues de grossesses et accouchements de 2016 à 2019
Tableau AMP18. ICSI avec spermatozoïdes éjaculés en intraconjugal : grossesses, issues de grossesses et accouchements de 2016 à 2019
Tableau AMP19. ICSI avec spermatozoïdes recueillis par voie chirurgicale en intraconjugal : grossesses, issues de grossesses et accouchements de 2016 à 2019
Tableau AMP20. ICSI en intraconjugal : nombre d'embryons transférés, réductions embryonnaires et accouchements de 2016 à 2019
Tableau AMP21. ICSI en intraconjugal : ovocytes et embryons de 2016 à 2019
Tableau AMP22. ICSI en intraconjugal : issues d'accouchements de 2016 à 2019
Tableau AMP23. ICSI en intraconjugal : taux d'accouchements par ponction de 2019 selon l'âge des femmes à la ponction

Cette partie présente des indicateurs sur les tentatives de fécondation in vitro réalisées à partir de cohorte d’ovocytes décongelés, quelle que soit l’indication de la congélation des ovocytes. Les tentatives utilisant à la fois des ovocytes décongelés et des ovocytes frais ne sont pas comptabilisées. 

Au cours de l’année 2019, 553 décongélations d’ovocytes ont été réalisées en vue d’une fécondation in vitro (

Tableau AMP24

). 

Il est à noter que pour les transferts résultant de la micro-injection d’ovocytes initialement vitrifiés, dont la pratique est récente, les taux de succès sont moindres que lors des tentatives d’AMP utilisant des ovocytes frais: le taux d’accouchement par transfert en 2019 était de 18,2% contre 25,6% en ICSI intraconjugale (

Tableau AMP25

 et 

Tableau AMP17

). 
Les taux d’implantation d’embryons en résultant sont moindres (15,2% vs. 22.6% en ICSI,

Tableau AMP27

 et 

Tableau AMP21

). Cependant, les résultats de la technique de vitrification ovocytaire sont en progression par rapport à l’année 2018.

Ces tentatives réalisées en 2019, en intraconjugal après utilisation d’ovocytes décongelés ont permis la naissance de 87 enfants (

Tableau AMP28

).  

 

Tableau AMP24. AMP en intraconjugal avec ovocytes décongelés : décongélations, transferts, grossesses, accouchements et enfants nés vivants de 2016 à 2019
Tableau AMP25. AMP en intraconjugal avec ovocytes décongelés : grossesses, issues de grossesses et accouchements de 2016 à 2019
Tableau AMP26. AMP en intraconjugal avec ovocytes décongelés : nombre d'embryons transférés, réductions embryonnaires et accouchements de 2016 à 2019
Tableau AMP27. AMP en intraconjugal avec ovocytes décongelés : embryons de 2016 à 2019
Tableau AMP28. AMP en intraconjugal avec ovocytes décongelés : issues d'accouchements de 2016 à 2019

Le nombre de décongélations en vue de transferts d’embryons congelés issus des gamètes du couple connaît une forte progression (+ 33% entre 2016 et 2019,

Figure AMP14

). 

Parallèlement à cette évolution, on remarque une augmentation des chances de grossesse après décongélation d’embryons, tout en observant une diminution du taux de grossesses multiples : le taux d’accouchement par décongélation était de 18,3% en 2016 et de 21,8% en 2019, alors que le taux de grossesse multiple était de 8% en 2016 et de 5,5% en 2019 (

Tableau AMP29

).

Les résultats obtenus en TEC s’inscrivent dans une stratégie d’amélioration menée par les centres d’AMP: 

  • Le taux de transferts d’embryons par décongélation s’accroît, passant de 95,2% en 2016 à 97,2% en 2019 ( Tableau AMP29 ). Cette évolution observée depuis plusieurs années, peut s’expliquer par une meilleure survie des embryons après décongélation, liée à l’utilisation grandissante et la meilleure maîtrise de la vitrification, technique de congélation/décongélation rapide. Entre 2016 et 2019, le nombre d’embryons transférés par embryons décongelés a augmenté de 6,2 points (84,2% à 90,4%, Tableau AMP31 ), sans qu’il n’y ait d’augmentation du nombre d’embryons transférés par transfert et la vitrification des embryons a été utilisée pour respectivement 79,3% et 93,2% des tentatives de TEC de 2016 et 2019 ( Tableau AMP31 ). 
  • Le taux d’implantation qui atteint 22,6% en 2019 (contre 18,5% en 2016, Tableau AMP31 ) poursuit une augmentation due notamment à la pratique de la culture prolongée (70,9% des TEC en 2019 contre 55,2% en 2016, Tableau AMP80 ) et à la maîtrise de la technique de vitrification.
  • Le transfert mono embryonnaire représente 80,4% des transferts d’embryons congelés de 2019 ( Tableau AMP30 ).  

Les décongélations d’embryons en vue de TEC réalisées en intraconjugal en 2019 ont permis la naissance de 9 701 enfants (+ 58% par rapport à 2016,

Tableau AMP32

Figure AMP14

). 

 

Figure AMP14. TEC en intraconjugal : décongélations, transferts, grossesses, accouchements et enfants nés vivants de 2016 à 2019
Tableau AMP29. TEC en intraconjugal : grossesses, issues de grossesses et accouchements de 2016 à 2019
Tableau AMP30. TEC en intraconjugal : nombre d'embryons transférés, réductions embryonnaires et accouchements de 2016 à 2019
Tableau AMP31. TEC en intraconjugal : embryons de 2016 à 2019
Tableau AMP32. TEC en intraconjugal : issues d'accouchements de 2016 à 2019
Tableau AMP33. TEC en intraconjugal : issues d'accouchements de 2016 à 2019