Assistance médicale à la procréation -TECHNIQUES PARTICULIÈRES D'AMP

Les techniques présentées dans ce paragraphe sont l’éclosion assistée, l’IMSI, la maturation in vitro (MIV) et les cycles naturels. En l’absence d’études scientifiques randomisées portant sur de grands effectifs, les publications ont apporté des informations à ce jour encore non concluantes20, ne permettant pas de préciser les indications pour lesquelles ces techniques pourraient confirmer leur utilité clinique.

 

 

20 Regular (ICSI) versus ultra-high magnification (IMSI) sperm selection for assisted reproduction Teixeira DM, Hadyme Miyague A, Barbosa MA, Navarro PA, Raine-Fenning N, Nastri CO, Martins WP.Cochrane Database Syst Rev. 2020 Feb 21;2(2):CD010167. doi: 10.1002/14651858.CD010167.pub3.

Tableau AMP86. AMP issue de techniques particulières : part des tentatives réalisées en France en 2019

L’IMSI est une technique particulière d’ICSI qui consiste à « sélectionner » les spermatozoïdes destinés à être micro injectés selon leur morphologie examinée à un fort grossissement. 

L’IMSI a été utilisée au cours de 2 910 tentatives d’ICSI en 2019 dans 35 centres (

Tableau AMP89

) , soit environ 6,7% des ICSI réalisées. Cette pratique est en légère diminution, elle représentait 7,8% des tentatives d’ICSI de 2016 (

Tableau AMP2

 et 

Tableau AMP89

). 

Au total, 4 123 tentatives de transfert d’embryons frais ou décongelé ont été réalisées en 2019 (

Tableau AMP89

) et ont permis la naissance de 1 029 enfants (

Tableau AMP90

). 

En 2019, les taux d’accouchement par ponction (ICSI,

Tableau AMP89

) et par décongélation (TEC,

Tableau AMP89

) sont respectivement de 23% et 24,3%, soit supérieurs à ceux obtenus en général après ICSI ou TEC.  

Ces résultats doivent être interprétés en tenant compte du contexte de l’infertilité pour lequel l’IMSI a été réalisée. Cette technique, lourde et coûteuse, pouvant être utilisée dans des situations d’échecs antérieurs répétés ; ou en première intention en cas de perturbation de la morphologie spermatique. 
 

Tableau AMP87. AMP avec IMSI : Répartition des centres ayant pratiqué cette technique selon leur activité de 2016 à 2019
Tableau AMP88. AMP avec IMSI : répartition de l'âge des femmes à la ponction de 2016 à 2019
Tableau AMP89. AMP avec IMSI : grossesses, issues de grossesses et accouchements selon la technique de 2016 à 2019
Tableau AMP90. AMP avec IMSI : issues d'accouchements de 2016 à 2019

L’éclosion du blastocyste permettant son implantation sur la muqueuse utérine est un processus physiologique qui pourrait être défaillant dans certaines situations et conduire à des échecs répétés après transfert d’embryons. L’éclosion assistée est un geste réalisé sur les embryons immédiatement avant leur transfert, consistant à ouvrir une brèche sur une partie de la zone pellucide et qui vient se substituer au processus naturel.

En 2019, l’éclosion assistée a été utilisée au cours de 1 552 transferts d’embryons (

Tableau AMP93

), soit 3,2% des transferts d’embryons (tableau AMP83) : 1 068 après FIV hors ICSI et ICSI, et 474 TEC. Ces transferts ont permis la naissance de 344 enfants (

Tableau AMP94

), soit 2,6% des enfants nés après transfert de blastocystes (

Tableau AMP85

). 

Les taux d’accouchement par transfert sont respectivement de 18,3%, 19,9% et 25,1% après FIV, ICSI et TEC (

Tableau AMP93

). Les taux obtenus après éclosion assistée du blastocyste et transfert immédiat d’embryons (FIV, ICSI) sont plus bas que ceux globalement observés après transferts de blastocystes (

Tableau AMP83

). 

 

Tableau AMP91. AMP avec éclosion assistée : Répartition des centres ayant pratiqué cette technique selon leur activité de 2016 à 2019
Tableau AMP92. AMP avec éclosion assistée : répartition de l'âge des femmes à la ponction de 2016 à 2019
Tableau AMP93. AMP avec éclosion assistée : grossesses, issues de grossesses et accouchements selon la technique de 2016 à 2019
Tableau AMP94. AMP avec éclosion assistée : issues d'accouchements de 2016 à 2019

Elle consiste à prélever des ovocytes immatures au cours de cycles non ou faiblement stimulés. La maturation réalisée en laboratoire peut aboutir, lorsque les ovocytes ont atteint le stade métaphase II, à une ICSI ou une cryoconservation. Proposée dans l’objectif de prévenir les effets de l’hyperstimulation ovarienne et du déclenchement dans certaines pathologies ovariennes ou dans le cadre de la préservation de la fertilité, elle se heurte à une maîtrise encore insuffisante des conditions de la maturation ovocytaire in vitro. Elle est peu utilisée du fait de faibles résultats et seuls 14 centres d’AMP y ont eu recours en 2019.

Le recours à la MIV est stable depuis 2017 et a concerné 125 tentatives (FIV, ICSI, décongélation d’embryons) en 2019, avec au total 55 transferts embryonnaires réalisés et 11 enfants nés (

Tableau AMP97

 et 

Tableau AMP98

). 

 

Tableau AMP95. AMP avec maturation in vitro : Répartition des centres ayant pratiqué cette technique selon leur activité de 2016 à 2019
Tableau AMP96. AMP avec maturation in vitro : répartition de l'âge des femmes à la ponction de 2016 à 2019
Tableau AMP97. AMP avec maturation in vitro : grossesses, issues de grossesses et accouchements selon la technique de 2016 à 2019
Tableau AMP98. AMP avec maturation in vitro : issues d'accouchements de 2016 à 2019

De façon classique, un traitement d’hyperstimulation ovarienne contrôlée est administré dans les tentatives de FIV avant la ponction d’ovocytes. Toutefois, certaines fécondations in vitro sont réalisées sans hyperstimulation ovarienne contrôlée préalable ou avec au plus une stimulation très douce visant à obtenir un développement pauci folliculaire voire mono folliculaire. 

Proposés dans des situations particulières où l’hyperstimulation est considérée comme inefficace ou dangereuse, ces cycles naturels, représentent 444 tentatives (

Tableau AMP100

), soit environ 0,7% des fécondations in vitro de 2019 (

Tableau AMP1

). 

La technique paraît peu efficace mais elle est souvent proposée comme alternative à l’arrêt de la prise en charge. En 2019, toutes techniques confondues, les taux de grossesse et d’accouchement par ponction sont respectivement de 11% et 7,2%. Lorsqu’un transfert est possible, les taux de grossesse et d’accouchement par transfert sont respectivement de 19,5% et 12,7% (

Tableau AMP100

). 

Les cycles « naturels » ont permis en 2019, la naissance de 35 enfants (

Tableau AMP101

) .

Les données 2016 et 2017 décrivant l’activité des cycles naturels ne sont pas disponibles. 
 

Tableau AMP99. AMP avec cycles naturels : répartition de l'âge des femmes à la ponction de 2018 à 2019
Tableau AMP100. AMP avec cycles naturels : grossesses, issues de grossesses et accouchements selon la technique de 2018 à 2019
Tableau AMP101. AMP avec cycles naturels : issues d'accouchements de 2018 à 2019